Vallée d'Arlune

A la découverte du grand vert

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Pierre Pauquay

Ambassadeur depuis 2 années 6 mois

L'Ardenne par Monts et par Vaux 

Culture et Randonnées

Dans la grande forêt d’Anlier, mes pas se mêlent aux empreintes de la faune.

A la découverte du grand vert

 

Le village d’Anlier est ceinturé du grand vert. En quelques pas, je vais rejoindre la forêt éponyme non sans gravir d’abord la crête où s'étendent les cultures. Des crêtes qui ont été exploitées par l’homme puisque je croise une armée d’épicéas, fouettée par le vent lors des hivers rigoureux.

En ce mois de septembre, un soleil de plomb écrase le chemin sur lequel je marche. Heureusement en quelques pas, je rejoins la protection des feuillus. Dans la magnifique futaie, c’est le silence qui se remarque le plus. Aucun bruit ne vient troubler le chant furtif et le cri des oiseaux : ici un épervier vole entre les branches, là un pic épeiche martèle un tronc mort. Plus loin un geai s’égaye, surpris de mon passage.

Au cœur de la forêt d'Anlier
Le ruisseau d'Arlune

C'est le silence qui se remarque le plus...

Et la chance me sourit… Dans le ciel, à travers la canopée, une silhouette élancée effectue un vol gracieux, une cigogne noire ! Inspirant la quiétude et les grands espaces, le grand échassier est l’emblème de la grande forêt d’Anlier. Migrant depuis l’Afrique, elle se pose durant la belle saison dans la forêt pour profiter des fonds de vallée  humide où elle y trouve sa quiétude nécessaire.

 

Avec ses 7 500 ha, la forêt d’Anlier est le plus grand site Natura 2000 classé en Région Wallonne. Contrairement à la majorité des forêts d’Ardenne, celle d’Anlier possède peu de résineux et se pare de la « hêtraie à luzule», caractéristique des sols acides et tourbeux de l’Ardenne. Elle est couverte ainsi de 85 % de feuillus : de hêtres, de chênes rouvre et pédonculé, de charmes et d’érables sycomore. Quand je marche sous la canopée, je me plonge dans un environnement des plus apaisants. Je ressens une douce torpeur, une envie d’aller plus loin, en longeant le ruisseau d’Arlune menant vers le Bois le Prêtre.

cigogne noire - Pierre Pauquay

Le soleil déclinant de septembre a fait roussir la forêt. Elle s’orne de sa parure d’automne avant la lettre. Et elle a souffert de cet été caniculaire. Tout est sec et asséché, excepté les zones humides qui jalonnent le ruisseau où foisonne la vie : j’espère surprendre un castor. Sous le couvert végétal sont tapis les grands mammifères comme le cerf, le chevreuil ou le sanglier. Ils attendent leur virée nocturne pour trottiner dans ce grand territoire qu’est la forêt d’Anlier.

L'Arlune

Après une très belle descente, le chemin rejoint le ruisseau du Bois le Prêtre, là où il a creusé une vallée humide et sauvage. Aux abords de ses reflets d’argent, j’en profite pour sortir de ma besace le fromage et le saucisson. Après cette pause bienvenue, je remonte une autre vallée, tout aussi sauvage. Des récentes coupes à blanc ont éclairci la forêt, l’inondant de lumière. Je quitte le vallon pour me retrouver là-haut sur une plaine de lumière, autrefois occupée par une forêt sombre d’épicéas. Le paysage s’ouvre vers la réserve naturelle de la vallée de l’Arlune. A sa hauteur, je quitte avec un peu de regrets la magnifique forêt pour rejoindre le petit village.

La forêt d'Anlier
La forêt d'Anlier

Plus d'informations

 

  Balisage : depuis l’église d’Anlier, on suit le balisage rouge, barré d’une ligne blanche (sentier du Bois le Prêtre).

  Distance : 9 km

  Localisation : Anlier, Belgique

 

Les tracés : www.parcnaturel.be
Autres idées balade : www.parcnaturel.be/les-randonnées