caillebotis

Des étendues infinies

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Pierre Pauquay

Ambassadeur depuis 2 années 6 mois

L'Ardenne par Monts et par Vaux 

Culture et Randonnées

Je suis entré dans le monde envoûtant de la grande fagne via le nouvel itinéraire pédestre de la Maison du Parc Nature Botrange

Des étendues infinies

Départ à la Maison du Parc-Botrange : je marche vers l’immensité du haut plateau. Via le nouveau balisage (rectangles jaunes, WM 18), je rejoins le Signal de Botrange pour emprunter un beau sentier dans les broussaille. Il aboutit sur la lande où courent les caillebotis, ces chemins de bois posés sur la tourbe : héritages d’une ancienne voie qui traversait la fagne, la via Mansuerisca. Voie de transit importante, elle a été utilisée pendant près de 1.000 ans, du IVe siècle au XIVe siècle.

Sans m’en apercevoir, je marche sur une ancienne terre de frontière. Si les hommes ont baissé les armes, les nombreuses bornes dans le paysage témoignent des conflits qui ont fait et défait les Empires. Je vais à la rencontre de ces témoins encore bien présents dans le paysage fagnard. Dans la Fagne wallonne, je longe les bornes qui délimitaient la frontière entre les Pays-Bas autrichiens et la Prusse.

Je marche sur une ancienne terre de frontière

Aux Wez, je touche le bout du monde, au cœur de la grande réserve naturelle. Quelle immensité il s’en dégage ! Un endroit qui devait sans doute frémir les voyageurs qui pouvaient se repérer grâce à la colonne du Boulté, haute de 45,5 m. Ce phare leur permettait de retrouver la Baraque-Michel, située au beau milieu de la lande. La colonne veille depuis 1566, tout comme la Hauptman, près du Signal de Botrange. J’en profite d’ailleurs également pour me réchauffer à l’auberge.

Des chemins à travers les fagnes - Pierre Pauquay

Retour via la fagne de la Poleûr qui est la mémoire vivante d’une activité humaine vieille de plusieurs siècles. Jusqu’au XIIe siècle, j’apprends que la fagne n’était qu’une immense forêt de feuillus. Plus tard, au XVIe siècle, les hommes ont commencé à déboiser l’originelle hêtraie. Une végétation rase s’est alors développée. De nos jours, les myrtilles et airelles foisonnent le long du chemin.

Peu après avoir traversé la nationale, je monte entre flaques en boue, tourbe et caillebotis. Ce haut plateau reçoit de plein front les pluies océaniques. La fagne est arrosée abondamment : on y enregistre deux fois plus de précipitations que dans la vallée de la Meuse. En marchant, je me rends compte que l’eau est partout. Elle glougloute sous les caillebotis, est emprisonnée dans les sphaignes et coule dans les fossés.

La fagne poleur - Pierre Pauquay

La découverte du milieu fagnard se poursuit quand j’atteins la Fagne du Neûr Lowé qui est un microcosme en soi, possédant toute la flore que l’on peut découvrir sur les hauts plateaux. Cette tourbière est l’image du paysage que l’on pouvait voir il y a plus de 10.000 ans ! Je côtoie un autre monde, au crépuscule de la glaciation.  A la tombée du jour, alors que je longe la réserve naturelle, le soleil déclinant m’indique la route qui me ramène à la Maison du Parc alors que le vent d’ouest annonce une prochaine précipitation. La neige recouvrera vite le haut plateau…

Des chemins en caillebottis dans les Hautes-Fagnes

Plus d'informations

On peut se procurer la toute nouvelle belle carte indéchirable « au pied des fagnes » au 1/25.000e à la Maison du Parc et éditée par l’Agence du Tourisme des Cantons de l’Est. Elle comprend les 19 balades de la commune de Waimes ainsi que les 26 autres de la ville de Malmedy.

 

  Balisage : De la Maison du Parc, on emprunte le balisage jaune (Balade de Waimes, WM 18) pour rejoindre le Signal de Botrange, situé à 1 km. On suit par la suite le tout nouveau balisage rectangle bleu (balade de Waimes, WM 01), agrémenté du logo myrtilles.

  Distance : 8,5 km

  Localisation : Waimes, Belgique

 

Plus d'information : www.waimes.be