J'ai découvert l'histoire de la seconde guerre mondiale à l'ouvrage fortifié de la Ferté

Je n’ai qu’une envie, faire vivre cette expérience à ma famille.

Une expérience historique riche en émotions

Du début de l’occupation à l’assaut final

5 min D’ÉVASION

L’ouvrage de La Ferté, édifice destiné à l’infanterie et l’un des points les plus célèbres de la ligne Maginot, a été construit entre 1935 et 1937 afin de stopper l’ennemi allemand à la frontière française. Intégré à la ligne principale de résistance, il fait partie du sous-secteur de la tête de pont de Montmédy, secteur fortifié.

En effet, juste après la fin de la première guerre mondiale, l’armée française évalue ses pertes humaines à plus de 1,5 million de morts. Elle réalise, malgré sa puissante armée, qu’elle ne fait pas le poids contre la puissance économique et démographique de l’Allemagne.

Un nouveau système de défense est alors imaginé, celui de la ligne Maginot, derrière lequel le pays pourrait en cas de nouveaux conflits avec l’Allemagne, mobiliser efficacement ses forces.

Découverte de l’Ouvrage

Nous commençons notre visite par la découverte du musée situé dans le bâtiment d’accueil. Entre des anciennes paires de lunettes, des lampes de poche, des flacons d’éther retrouvés intacts ou encore de vieilles lettres écrites par les soldats à leur épouse, l’émotion surgit rapidement. Une boîte d’alliances a été retrouvée sur le site, imaginons l’émouvante histoire que la trouvaille de cette petite boîte a pu susciter et suscite encore… ! Ensuite, nous continuons notre visite avec la projection d’un court métrage (12 minutes) de Christine Tournardre et Gabriel Jacquel, retraçant l’histoire de l’équipage et ses derniers instants. L’émotion est de plus en plus palpable et intense.

Je m’appelle Jean, j’ai 21 ans et aujourd’hui 24 août 1939, je suis affecté comme téléphoniste à l’Ouvrage de La Ferté.

*Extrait du court-métrage

ouvrage fortifié de la ferté

Immersion totale au sein du bloc 1

Notre guide Benjamin nous conduit à l’entrée du bloc 1, servant de casemate d’infanterie et d’entrée principale. Nous sommes sous terre, nous avons passé une grille derrière laquelle se trouvait un créneau de fusil-mitrailleur avec une porte blindée à ses côtés, perforée par une charge explosive. Ma respiration s’accélère peu à peu. Notre guide nous laisse tester la lunette de visée. Au premier étage, nous découvrons le réservoir d’eau, une chambre de repos et le central téléphonique. Avec une passion non dissimulée, Benjamin nous expose la vie des 104 soldats affectés à cet ouvrage et du lieutenant Maurice Bourguignon. Nous sommes au plus près de l’équipage. Un étage plus bas, les lits des soldats sont entassés les uns sur les autres avec un accès à l’eau courante. Pour l’époque, allez-vous me dire, c’était une belle avancée !

Le 10 mai 1940, les villages frontaliers à l’ouvrage de La Ferté sont évacués, l’exode commence.

Descente à 25 mètres sous terre

Après avoir descendu 130 marches, nous arrivons dans une galerie souterraine de 270 mètres. Nous apercevons la réserve de charbon, la cuisine, la laverie mais aussi l’infirmerie. Et là, l’émotion me submerge... J’aperçois alors un masque à gaz et une photo de l’équipage retrouvée en juin 1940 accrochée au mur de l’infirmerie, gérée par Hervé, le médecin. C’est dans cette galerie que des hommes âgés de 21 à 39 ans, enfermés par des murs en béton armé, périrent asphyxiés quelques heures après l’assaut final, dans la nuit du 18 au 19 mai 1940. L’ennemi est victorieux : l’armée française essuie une défaite.

Ouvrage fortifié de la Feté

Le bloc 2, la troupe perd des siens

Au bout de ce long couloir, nous arrivons au pied d’un escalier de 167 marches. Courage ! Moment éprouvant qui nous montre la réalité de la vie quotidienne des soldats au sein du bloc qui devaient monter et descendre ces marches plusieurs fois par jours. En effet, faute de moyens, la construction d’ascenseurs était inenvisageable. Le 18 mai 1940, l’équipage essuie ses toutes premières pertes, avec le décès de 3 de leurs camarades tués sur le coup par un tir d’obus sur un poste d'observation.

La visite se termine

Bouffée d’air frais à la sortie du bloc 2 où nous apercevons, au loin, les trous d’obus laissés par les tirs allemands et les fortifications réalisées par les français avec des poteaux en fer et fils barbelés restés intacts après près de 80 ans d’existence. Nous apercevons, également, le monument aux morts en hommage aux héros de Villy-La Ferté. Nous entamons notre retour à travers champs, je pense alors à toutes les émotions qu’ont pu éprouver les soldats français… avec les rires lors de la projection d’un film de Charlie Chaplin à l’extérieur du bloc, les sentiments de solitude, de frustrations et d’enfermement après des mois passés sous terre, la tristesse lors de la perte d’un de leur compagnon, la rage éprouvée contre l’ennemi ou encore l’espoir ressenti lors de la rédaction d’une lettre à leur famille.

Grâce à cette visite guidée, nous sommes au plus près des soldats. C’est comme si nous aussi, nous avions participé, un peu, à notre manière, à cette triste guerre qui restera gravée à travers le temps dans nos mémoires.

Je ne peux que vous inviter à visiter cet ouvrage afin de vivre cette expérience comme je l’ai vécue, elle nous rappelle à tous, combien la vie et la liberté sont précieuses !

Vivre cette expérience ?

Ouvrage de la Ferté
Site de Villy-La Ferté - 08370 La Ferté-sur-Chiers, France
Tél : +33 (0)3.24.52.97.47
www.ouvragedelaferte.fr