Vue sur Givet depuis le Mont d'Haurs

Au départ de Oignies-en-Thiérache, j’ai parcouru la voie verte et le mont d’Haurs à Givet

On termine la balade en s’en mettant plein les yeux de cette vue sur la ville et sur Charlemont

Au départ de Oignies-en-Thiérache, j’ai parcouru la voie verte et le mont d’Haurs à Givet

1 journée de vélo

Au sud de l’entité de Viroinval, Oignies-en-Thiérache est un village-clairière. Au centre trône l’église, à proximité l’épicerie et puis, la boucherie à damner tout amateur de bonne viande, de salaisons et de convivialité. Comme tous les villages formant Viroinval, son territoire est maillé de nombreux sentiers balisés, pas trop fréquentés. Quiétude et sérénité.

Cathédrale de verre réalisée par le maître-verrier belge, Bernard Tirtiaux

Une de ces balades au départ de l’église de Oignies-en-Thiérache nous amène à la surprenante cathédrale de verre réalisée par le maître-verrier belge Bernard Tirtiaux. Elle trône au centre d’un espace dédié à l’Europe.

Eh oui, on est ici au centre géographique de l’Europe des 15. Dingue, non ? En 1995, l’Institut Géographique National français (IGN) calcule le centre géographique de l’Europe des Quinze, tenant compte de la superficie des 15 Etats membres de l’Union européenne à l’époque.

C’est Oignies-en-Thiérache, qui est désigné. Et plus précisément un point situé à quelques centaines de mètres de la frontière française, à proximité du lieu-dit ‘Le Trou du Diable’. Également le nom d’une ardoisière voisine. On peut aussi y accéder facilement à partir de la route Oignies-Fumay.

Trou du diable, Sauveur, Saint-Luc ou Saint-Théodore…, les ardoisières étaient bien présentes ici, tout comme à Fumay, commune française voisine.

C’est l’Alyse, charmante rivière un peu sauvage, qui délimite la frontière. Ici il s’en raconte, des histoires de contrebandiers…

Mémorial de la Grande Guerre à Oignies

Des récits de la Grande Guerre aussi. Car Oignies est lié à Fumay, Haybes et Fépin par les jours meurtriers des 24-26 août 1914. De lourds combats ont opposé militaires allemands et français sur ces territoires, les morts ont été enterrés sur place le plus souvent. A Oignies, la bataille du Trou du diable a eu lieu le 26 août. Trois ans après le début du conflit, les troupes allemandes installent un cimetière militaire franco-allemand à l’entrée du Domaine des Nobertins, sur la route Oignies-Fumay. Pour commémorer le centenaire du début de la Grande Guerre, la reconstitution de ce cimetière militaire a été réalisée de manière symbolique sur ce site.

Ce chemin qui traverse le Domaine est désormais RAVeL de liaison entre le RAVeL Olloy-sur-Viroin – Oignies-en-Thiérache et la Voie verte que l’on retrouve à Fumay. Attention, mollets délicats s’abstenir, freins à vérifier avant d’y passer…

Mais laissons-nous descendre pour rejoindre Fumay, de l’autre côté de l’Alyse. Jolie petite ville lovée entre deux méandres de la Meuse, Fumay semble émerger de la dense forêt ardennaise. On se laisse glisser le long de la place Aristide Briand et on rejoint la halte nautique. Bordée de vieilles bâtisses du XVIIIe siècle. Vision de carte postale. Juste à côté, le pont nous permet de traverser la Meuse et rejoindre la Voie verte en direction de Givet.

 

Haybes, Vireux-Wallerand, Chooz… on frôle des petites villes qui ne demandent qu’à se révéler aux curieux qui prennent la peine de les approcher de l’intérieur.

 

Sur l’autre rive, à hauteur d’Aubrives, d’étranges silhouettes blanches… Renseignements pris, il s’avère que ce sont des sculptures de Georges-Armand Favaudon, peintre et sculpteur de renommée qui a terminé sa carrière de chef de gare à Aubrives et y avait installé son atelier. Volontairement posées dans un lieu discret, elles rendent hommage à la nature et à la femme, alliant force et fragilité, puissance et grâce. Belle apparition.

Une pause au bord de la Voie verte entre Fumay et Givet

Pique-nique à Chooz

Une toute nouvelle aire de repos s’offre à nous après avoir parcouru la partie la plus vallonnée du tronçon de Voie verte : la boucle de Chooz. On passe entre les deux centrales. On longe la A, en déconstruction, et on aperçoit la B, sur la rive d’en face, toujours en activité.

A la halte rando, on s’installe pour déguster le pique-nique. Pourquoi pas y ajouter une « bonne frite » ? Sont-elles aussi bonnes qu’en Belgique ? On remplit les gourdes, on va au petit coin, on reprend des forces… Appréciable un lieu comme celui-ci, il en faudrait plus… Paraît que ça vient…

On reprend la route, on est bientôt à Givet. On y arrive par le bon côté, celui qui offre la meilleure vue sur le centre ancien, le quai, Charlemont. C’est l’été, on pourrait se poser à La Terrasse, ponton posé sur la Meuse surmonté d’une belle structure transparente. Des chefs s’y relaient durant toute la belle saison. Un régal pour les cinq sens.

Le Mont d’Haurs, îlot nature et vue imprenable sur Givet

Mais on est bien plus courageux que ça ! On laisse les vélos en lieu sûr et on s’attaque au Mont d’Haurs. Une immersion en pleine nature à deux pas de la ville. Ce site vaut le détour pour deux raisons : la nature et le patrimoine. Grâce à la brochure réalisée par le Conservatoire d’espaces naturels Champagne-Ardenne et à ses points d’attention numérotés sur le parcours, on découvre différentes facettes de Givet. Différents points de vue, au sens propre comme au figuré, ses caractéristiques géologiques, son histoire industrielle, les fortifications prévues par Vauban, la faune et la flore… Nous sommes dans la réserve naturelle nationale de la Pointe de Givet. Elle s’étend sur une superficie de 354 hectares et abrite une importante biodiversité : 454 espèces végétales et 320 espèces animales y trouvent refuge.

Ça grimpe au début, il faut mériter la Tour Grégoire. Point de vue imprenable sur la Meuse, elle était un lieu stratégique, permettant de surveiller les voies routières et fluviales. Elle a aussi fait office de prison. Avec la Tour Victoire, sur le quai, et la tour Maugis, remplacée par le fort, elles ornent le blason de la ville de Givet.

Vauban a sa signature ici aussi. Outre la citadelle de Charlemont, Vauban avait prévu un dispositif de défense sur cette rive. Au détour du chemin, à condition de grimper vers les points de vue proposés, on découvre des vestiges de fortifications, heureusement racontés sur les panneaux explicatifs, schémas à l’appui. Car il faut bien le reconnaître, l’ensemble défensif ne saute pas aux yeux, la végétation a repris ses droits et l’on aurait bien du mal à lire ce paysage sans explications. Le plus spectaculaire est probablement cette porte monumentale qui se devine au milieu d’une muraille massive mais caduque. C’était l’une des entrées de la fortification. Ses pierres taillées et son fronton lui valent ce qualificatif de ‘monumentale’. Cela dit, sa taille était effectivement significative puisqu’on pouvait y faire passer des chariots emplis de nourriture et de munitions. Avec Brest, moins bien conservé, c’est un des derniers exemples visibles en France des camps retranchés prévus par Vauban.

La Tour Grégoire à Givet La citadelle de Givet
Le château d'Hierges Le château d'Hierges

On termine la balade en s’en mettant plein les yeux de cette vue sur la ville et sur Charlemont et on redescend vers la Meuse où l’on récupère les vélos pour poursuivre la route.

 

Pour le retour, on quitte la Voie verte. On passe par Hierges, village médiéval fascinant surplombé par un château qui l’est tout autant. Halte obligatoire, au moins pour une pause photo !

 

Petites routes et chemins peu fréquentés nous amènent vers Le Mesnil. Une belle grande côte qui est récompensée par la traversée de ce charmant village qui fait lui aussi partie de Viroinval. Il reste à redescendre vers le centre de Oignies-en-Thiérache. Pour rejoindre notre point de départ, passons devant le camping qui vient de se doter d’hébergements insolites avant d’emprunter la toute nouvelle liaison RAVeL.

Vivre cette expérience

L'équipe de l'office de tourisme du Val d'Ardenne peut vous donner plus d'informations concernant Givet, le Mont d'Haurs et la Voie verte.

 

Office de tourisme Val d'Ardenne
Rue du Château, 08320 Vireux-Wallerand, France
Tél. : +33 (0)3 24 42 92 42
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