Vendeur de fraises au bord de la Meuse

Le Pays de la Fraise

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Catherine Vandenbroucke

Ambassadeur depuis 2 années 8 mois

À saute-frontière

Ce petit fruit a pris une place importante dans la vie locale...

Un beau jour au Pays de la Fraise

1 journée gourmande

Wépion… Bords de Meuse namuroise, chemin de halage, villas mosanes et… fraises ! Impossible d’évoquer cette périphérie chic de Namur sans plonger dans son passé fraisicole. Cap sur le musée de la fraise et son Jardin des petits fruits. Mais Wépion recèle d’autres secrets, enfonçons-nous dans la Forêt de Marlagne pour découvrir comment est ressorti de terre le fort de Saint-Héribert. 

La façade du Musée de la Fraise à Wépion

Bienvenue au musée de la Fraise 

Nous sommes dans l’ancienne conciergerie de la villa Pauline, toujours debout, juste à côté. Au départ musée de la Vie locale, le musée de la Fraise de Wépion s’est recentré au fil des ans sur ce petit fruit rouge et charnu. Récemment revue, la muséographie est sympa et touche toutes les générations. Fragolo, la mascotte, accompagne les enfants munis de leur carnet de jeux. 

 

Wépion, à l’origine de la fraise ? 

Un film introductif et des tablettes nous mettent en contexte. On réalise que ce petit fruit a pris une place importante dans la vie locale. Au point de lui dédier une fête annuelle, avec un cortège, des géants et même une miss Fraise. Pourquoi Wépion est-elle considérée comme la capitale de la Fraise ? On comprend que la fraise wépionnaise s’est fait connaître grâce aux riches vacanciers qui séjournaient dans la région à la Belle Epoque. Les riches propriétaires de villas mosanes, secondes résidences, ou séjournant dans les nombreux hôtels s’en régalaient et de retour chez eux ont tenu à la faire découvrir à Bruxelles, Liège, Charleroi… Ils sont devenus les ambassadeurs de la fraise. 

On enchaîne ensuite avec l’histoire de la fraise. D’où vient-elle ? Qui l’a ramenée en Belgique ? Des panneaux illustrés par Claude Laverdure, dessinateur de BD, mettent en scène le périple de ce petit fruit, depuis son apparition en 1324 jusqu’aux variétés connues aujourd’hui. Qui produit ? Avec quels outils ? Un peu tout le monde, cette maquette nous le montre. A Wépion, la culture de la fraise se généralise comme un complément de revenu pour la population. En 1933, 60 à 70 tonnes s’écoulaient chaque jour sur le marché de la place du Vierly. On comptait plus de 500 Ha de cultures de fraise, contre 50 Ha aujourd’hui. Pourquoi cette chute ? Le coût de la TVA, l’urbanisation des terrains de culture et la concurrence de fraises étrangères. Aujourd’hui, pour acheter de véritables fraises de Wépion, rien de tel que de s’arrêter à l’une des aubettes des bords de Meuse pour les acheter en direct aux producteurs. Saveur garantie ! 

Ravier de fraises
Le Musée de la Fraise
La boutique du Musée de la Fraise

Une histoire de bon goût 

On découvre aussi les usages de la bourgeoisie pour la déguster. Savez-vous, par exemple, qu’à Wimbledon, depuis 1877, la tradition veut que l’on déguste des fraises avec de la crème fraîche en regardant les matches de tennis ? Plus de 7000 litres de crème fraîche et 25 000 kg de fraises issues d’un producteur du sud de l’Angleterre… Plusieurs plats dédiés à cet usage s’exposent dans les vitrines. 

Culture, arts, folklore, littérature… la fraise est partout, des exemples nous le prouvent : ici dans Tintin au Tibet, là sur un timbre ou au centre de l’œuvre d’un peintre renommé. Saveurs et parfums de la fraise inspirent les créateurs et producteurs. Pour déguster, arrêt à la boutique avant de sortir.  Avec quoi va-t-on repartir ? Jus de pomme-fraise ? BlackBird’s Gin, ce gin namurois à la véritable fraise de Wépion ? Une bouteille de Cochonnais, crème de fraise produite par La Wépionnaise ? Ou encore la Wépionnaise, bière ambrée refermentée en bouteille et retravaillée avec un arôme naturel de fraise ? Pour les plus jeunes, un petit sachet de cuberdons à la fraise ou du sirop de fraise de Wépion, pour aromatiser les boissons fraîches de l’été, ou encore les meringues Mistinguettes… 

La boutique du musée recèle aussi une belle palettes de livres sur la région et sur la fraise, bien entendu ! 

www.museedelafraise.com

 

Le Jardin des petits fruits, une visite à déguster 

Le jardin des petits fruits
Le jardin des petits fruits

On traverse la chaussée pour entrer au Jardin des petits fruits. Ici, en saison, c’est un des rares endroits où l’on peut déguster ce que l’on visite ! C’est Monique qui m’accompagne. Comme elle, ils sont une dizaine de bénévoles, passionnés par l’environnement, la culture des petits fruits ou encore l’histoire de Wépion. Elle commence par resituer le cadre géographique, entre la Meuse et son bassin versant, en pente douce favorisant la culture des petits fruits. Puis elle me guide d’un parterre à l’autre, d’une culture à l’autre. Me raconte ces arbustes qui me sont inconnus. Me met en garde contre le goût âpre de certains fruits, pourtant comestibles. On croise des variétés classiques comme les fraises, les groseilles, les framboises et les raisins, mais aussi plus surprenantes sous nos latitudes comme le kiwi, les figues ou le melon.  

Didactique, gourmand, inspirant, ce jardin donne envie d’y rester. Ça tombe bien : sous la pergola, une table accessible librement pour pique-niquer. Un petit moment hors du temps ! 

www.namur.be

 

Le Fort de Saint-Héribert, le fort oublié 

Entrée du Fort de Saint-Héribert
Le Fort Saint-Héribert

Le Fort de Saint-Héribert, le fort oublié 

J’ai entendu parler d’une histoire incroyable. En 2013, Emile Legros achète un terrain boisé à cheval sur les communes de Namur, Profondeville et Floreffe. Il compte bien l’exploiter pour la revente de bois. Mais un jour, intrigué par des éléments de béton sortant de terre, il se renseigne à la Commune et a pour réponse : « Monsieur, vous avez acheté un fort ». Stupéfaction, il s’agit d’un des 9 forts de la position fortifiée de Namur. Un ensemble de forts situés à 6 km l’un de l’autre, constituant une ceinture de défense autour de Namur. Ce système de défense a été créé entre 1888 et 1892 par le Général Brialmont. Saint-Héribert est l’un des quatre grands forts, le plus élevé aussi, à 245 mètres d’altitude. Son histoire militaire s’arrête le 21 mai 1940.  

Convaincu par des passionnés d’histoire militaire de l’importance de la découverte, Emile Legros crée une Fondation pour soutenir les efforts nécessaires à l’excavation de l’ouvrage militaire. Un travail colossal possible grâce à l’investissement de l’entrepreneur et de sa fille Françoise, qui a repris le flambeau de son père, mais aussi de très nombreux bénévoles. 

Genêt à balais Richesses naturelles au Fort de Saint Héribert

Un site de 11 Ha d’une grande richesse naturelle

Nous voici 10 ans plus tard, sous le soleil de mai. C’est la fête au fort aujourd’hui. L’équipe dévoile l’appli du FSH conçue par Thomas Fransolet pour compléter les visites guidées. Mais aussi pour découvrir toutes les richesses naturelles du site. Quel travail ! 672 textes, en 4 langues, facile d’accès, intuitif. Un vrai plus pour une visite personnalisée. Design sympa en plus. Testé et approuvé ! 

Dans les entrailles du Fort, avec le guide 

C’est parti pour la visite. D’où vient ce nom, Saint-Héribert ? C’était le nom d’un ermite vivant ici au Moyen-Age. Les autres forts ont le nom de leur commune. Ici nous sommes sur trois communes… Notre guide est passionné et connait tout de ce fort et de son histoire. Petit rappel d’Histoire de la Belgique, leçons de stratégie militaire ensuite. Avec ses explications, les lieux prennent vie. On s’imagine à la place des soldats aux différentes époques. Tiens, je comprends enfin le sens du mot « shrapnels » passé dans le vocabulaire courant de l’oncle Albert, des obus qui lâchent des billes d’acier. 

Au fil de la visite, des œuvres d’art contemporain nous surprennent. Rien d’anormal, les artistes de l’asbl Lieux-Communs se sont laissé imprégner par l’atmosphère très particulière de ce vieux fort. Jusqu’au 13 une dizaine d’artistes dialoguent avec le fort dans l’exposition « En campagne ».  

Les cages insérées par Ludovic Mennesson dans le béton décrépi renvoient à la fonction historique du fort et la préservation de ce site patrimonial. Exposition au Fort de Saint-Héribert
La visite du fort La visite du fort A l'intérieur du Fort Saint-Héribert

On grimpe sur le talus pas encore dégagé, on redescend dans les entrailles froides et humides du fort. « Attention à la tête », certains passages sont très bas, d’autres très étroits, pour rendre difficile la progression de l’ennemi s’il arrive à entrer dans le fort… Les enfants sont fascinés, ils posent des questions, commentent les explications à leurs parents. Visite nécessaire. 

Fort de Saint-Héribert

Ressortis à la chaleur du soleil de mai, direction le conteneur où sont rassemblés les effets et souvenirs de soldats ayant été casernés ici : médailles, documents officiels, uniformes, machine à écrire, photos… Emouvant, instructif, indispensable. 

Que d’émotion, on a bien mérité un petit verre au bar. Aucune culpabilité, ça rentrera dans les caisses de la Fondation Emile Legros. Agréable contribution à la poursuite du travail de mémoire… 

fortsaintheribert.be

Vivre cette expérience

 

Musée de la Fraise 

Chaussée de Dinant, 1037 - 5100 Wépion 
Tél. et Fax : + 32 81 46 20 07 
info@museedelafraise.eu 
www.museedelafraise.com

 

Fort de Saint-Héribert 

Chemin du Commandant L’Entrée - 5100 Wépion 
Françoise Legros : +32 478/40 77 78 
fortsaintheribert@hotmail.com 
www.fortsaintheribert.be

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