La place Ducale à Charleville-Mézières

La Place Ducale
de Charleville-mézières

la Place Ducale de charleville-mézières

Centre géométrique de la cité idéale qu'un jeune prince entreprit d'édifier au début du XVIIe siècle : la Place Ducale, à Charleville-Mézières, demeure un bijou d'architecture. Et le point névralgique de la capitale des Ardennes françaises. Un décor époustouflant où bat le cœur de la ville.

 

1606. Le prince Charles de Gonzague lance le chantier de sa ville et de sa vie. Une cité nouvelle, au plan géométrique. On la nommera Charleville. Petite sœur voisine de Mézières la médiévale avec laquelle elle se mariera trois siècles et demi plus tard. Le noble fondateur y laissera sa fortune. Mais l’œuvre demeure. Toujours fascinante et « absolument moderne », pour reprendre des mots chers à Rimbaud. Ornée de pavillons et d'arcades, la Place Ducale en est le symbole et le joyau. Jugez plutôt.

La place Ducale vers le musée Rimbaud (c) David Truillard

Une place ornée de pavillons et d'arcades

Deux frères, deux jumelles

127 mètres de long, 90 de large. Sur trois côtés, un total de 27 pavillons de style Henri IV qui déclinent la règle des 4 :

 

  • 4 travées

  • 4 baies à chaque étage

  • 4 lucarnes

  • 4 oculi (ronds) au niveau du toit.

 

Et le dernier côté ? Il devait accueillir le palais du prince. Mais l'argent vint à manquer. Alors, plus tard, on y construisit la mairie… Voilà pour l'histoire et les chiffres qui résument ce lieu grandiose. Mais la Place Ducale, centre névralgique de la ville nouvelle de Charles, c'est d'abord un air de famille. Elle possède une sœur jumelle : la Place des Vosges à Paris. Logique. Deux frères architectes les ont dessinées. Louis Métezeau pour la capitale du royaume de France, son cadet Clément pour la capitale des Ardennes françaises.

Les façades sur la place Ducale
La foule sous les arcades (c) Laetis
Vue depuis la mairie sur la place Ducale

Ici vit la ville

Jumelle ? Pas complètement toutefois. L'ADN a parfois ses secrets. La Place Ducale, elle, dispose d'un espace central laissé libre. Tant pis pour les arbres et le vert. Pas de square, donc, mais un terre-plein ouvert pour mieux saisir les nuances magiques des ocres des pierres, les rouges des briques, les bleus gris des ardoises. Une vaste esplanade pavée pour marcher, commercer, échanger. La Place Ducale se donne ainsi des airs d'Italie, l'économie y est reine, et le spectacle de la vie quotidienne un théâtre enchanteur sans cesse renouvelé. Dans la ville nouvelle peuplée de marchands attirés par l'absence d'impôts et de proscrits auxquels le Prince donne asile, c'est déjà au XVIIe une Place majuscule. Elle l'est toujours. Pas une fête, pas un festival de marionnettes, pas un jour de soleil ou de pluie où l'on ne se croise, palabre, vibre sur la Place Ducale qui a recouvré ses pavés d'origine, au tournant des années 2000. Les visiteurs ne s'y trompent pas, qui y ont leur accueil dédié au tourisme, au milieu des cafés et terrasses où la convivialité et la générosité des gens d'ici peut s'exprimer. Tandis que sur le côté opposé, les historiques magasins Jeanteur cohabitent avec le musée de l'Ardenne. Et sous les arcades comme depuis le milieu de la place où trône une fontaine, les touristes multiplient les photos. A raison : c'est l'un des plus chouettes panoramas du Grand-Est !

 

Carrousel sur la place Ducale (c) Laetis

Un des plus chouettes panoramas du Grand-Est !

L'ombre d'Arthur Rimbaud

La Place Ducale s'avère une boussole idéale pour suivre les pas de Rimbaud, l'enfant terrible des Ardennes et de la poésie. Le jeune Arthur est le guide ou greeter rêvé pour découvrir la ville au plan en damier...

 

Au sud, on gagne sa maison natale via la rue de la République.

Au nord, on descend côté Meuse vers son musée et la maison des Ailleurs où il vécut adolescent.

Au nord-est, via les ruelles tracées au cordeau, voilà bientôt le collège où il fut un élève modèle – mais qui dessinait déjà des scènes de voyages imaginaires dans les marges de ses cahiers.

Au sud-est, on se se dirige vers le square de la gare qu'il décrit dans « A la musique » et d'où il prenait le train pour Paris ou Charleroi.

Au nord-ouest, enfin, comme pour boucler la boucle de sa vie et de la boussole, voilà le cimetière de l'avenue Boutet où tant de ses lecteurs-admirateurs viennent se recueillir devant la tombe familiale.

Place Ducale, un damier

Décidément. Tirez des traits sur le plan de Charleville reliant les sites liés à la figure d'Arthur Rimbaud et constatez de vous-même : la Place Ducale est invariablement leur point de jonction. Les lignes de sa vie s'y fondent avec ceux de sa ville. On suit sans cesse l'ombre de celui qui inventa une nouvelle forme d'écriture et dont les frasques comme les tourments effrayaient ses contemporains. Avant que son œuvre ne rayonne. Enfant, adolescent rebelle puis adulte affranchi des conventions, Rimbaud traversa maintes fois la Place Ducale, la pipe au bec, pour s'enfuir en Belgique avec Verlaine, ou gagner Paris, Londres et enfin l'Orient. Mais l'ombre de cette silhouette est toujours visible, dit-on, certains soirs, sous les arcades, ou en hiver, quand la brume est tenace. Elle guide les balades des visiteurs qui, comme lui, se muent en explorateurs, rêvant depuis la Place Ducale à des « Ailleurs impossibles ».

Depuis la place Ducale,
on rêve "d'ailleurs possibles"

Place Ducale de nuit

Autres informations

 

Vitrine des Ardennes, 24 place Ducale, F-08000 Charleville-Mézières
Tel.: +33 (0) 3 24 
info@ardennes.com
www.charleville-sedan-tourisme.fr
www.ardennes.com