VTT sur le parcours Stoneman en Ardenne

J’ai roulé sur le Stoneman Arduenna

Profile picture for user Pierre Pauquay

Pierre Pauquay

Ambassadeur depuis 1 année 9 mois

L'Ardenne par Monts et par Vaux 

Culture et Randonnées

Le Stoneman est une immersion dans ce pays attachant que sont les Cantons de l’Est.

Au bout l’endurance ultime

5 min sportives

Le Stoneman Arduenna est un fameux challenge ! Cette épreuve d’endurance pour vététiste a posé ses jalons depuis cet été dans les Ardennes, plus précisément dans la région des Cantons de l’Est. Et depuis le début de cet été, l’impatience était palpable : l’envie d’affronter les sentiers du Stoneman me donnait des fourmis aux jambes.

Pass du parcours Stoneman en Ardenne - Pierre Pauquay

Le concept est né il y a une dizaine d’années dans les Dolomites. Créé par Roland Stauder, marathonien de VTT, le Stoneman est un itinéraire balisé que l’on boucle en un, deux ou trois jours. Et ses chiffres s’envolent : 176 km pour 3250 m de dénivelé positif ! Il ne s’agit pas d’une course contre la montre : c'est la performance personnelle qui prévaut. Si l’on réussit le parcours en un jour, on remporte le trophée d’or. Si l’on surmonte l’épreuve en deux ou trois jours, on aura mérité le trophée d’argent ou de bronze ! D’habitude, cette épreuve pose ses jalons dans le massif prestigieux et exigeant des Alpes. Aux pays alpins se succède depuis cet été l’Ardenne belge !

 

Le Stoneman est un itinéraire balisé que l’on boucle en un, deux ou trois jours

J’ai suivi Dany Heck, le Monsieur VTT de l’Agence du Tourisme des Cantons de l’Est sur une partie de l’itinéraire : il n’est pas peu fier de m’emmener sur les traces qui forgent le caractère du trophée du Stoneman. A Botrange, notre lieu de départ, depuis quelques saisons, la fagne ressemble à la garrigue. En ce 20 août, la température atteint des records alors qu’ici, d’habitude, les aurores sont froides et les hautes herbes se perlent de gouttes de rosée.

Une des descentes du Stoneman - Pierre Pauquay

Petit mais grand dans sa diversité

Les Cantons de l’Est peuvent se targuer de posséder des paysages très variés. En quelques tours de roues, on peut passer d’un plateau de landes à des vallées encaissées. Le contraste est saisissant quand nous plongeons dans l’une de ses forêts peu après Ovifat. Au chemin succède un sentier très rapide sinuant dans la pessière. Le bruit des pneus et celui des freins empêchent d’entendre les remous du Bayehon, la plus haute cascade naturelle du pays. En contrebas, le ruisseau prend aussi de la vitesse quand il entre dans la vallée étroite et en devient même un vrai torrent de montagne.

Reinhardstein Bayehon La signalétique du Stoneman

À un croisement, nous le laissons partir dans sa fureur de vivre où il ira mourir dans les eaux de la Warche, quelques kilomètres plus bas. Pour notre part, nous roulons sur une des rares routes qu’emprunte le Stoneman : elle nous permet de passer dans une autre vallée, celle où trône un château moyenâgeux. Suspendu entre ciel et terre sur son éperon rocheux, Reinhardstein se fond dans son paysage forestier.

Le temps de la fenaison

A Robertville, les haies vives, les prés de fauche rythment notre vitesse : nous roulons dans un autre paysage, ne correspondent guère à l’image que l’on se fait de l’Ardenne recouverte de forêts : ici tout n’est que foisonnement de baies et de champs fleuris. Tout au long de ces grandes prairies, il faut profiter des chemins rectilignes pour augmenter quelque peu la moyenne : boucler les 170 km du Stoneman en une journée, voire deux est loin d’être une sinécure…

 

Ici, tout n’est que foisonnement de baies et de champs fleuris...

Sur les tracés fleuris du parcours Stoneman - Pierre Pauquay

Via un chemin agréable, nous rejoignons le Vieux Moulin, un endroit magique où coule paresseusement le ruisseau à travers la prairie. Les fermes, pas bien grosses, sont lovées dans les dépressions des vallons et s’intègrent au paysage. Au sommet de la côte, des milans planent et chassent au-dessus de la campagne de Weywertz, parsemée de zones humides et de bosquets. Les haies subliment le chemin qui suit la ligne de crête : le panorama vers le village permet de distinguer toute la région. Le Stoneman est une immersion dans ce pays attachant que sont les Cantons de l’Est. Les longues clôtures courent dans le paysage et rappellent les images d’Ecosse : le paysage près de la Vennbahn est magnifique et confirme la douceur de vivre qui s’en dégage. Une douce torpeur que nous retrouvons sur les rives de l’Amel. En contrebas, la Warche a tracé un cheminement naturel avec de jolis méandres se propageant sur la prairie.

Le lac de Butgenbach, par Pierre Pauquay

Explosion de la nature

Au bout de l’horizon apparaissant les rives du lac de Bütgenbach. Avec le ciel azur se reflétant sur l’étendue miroir de Butgenbach, la lumière est sublime. Parfois, le chemin se substitue à un single qui court à travers des prés humides. A un petit ponton, la végétation luxuriante recouvre la trace, comme si son temps était compté. Ici, près du haut plateau, la belle saison est courte et éphémère. Tout comme les moustiques, taons qui farandolent autour de nous. 

Dany me lance, alors que je me gratte les avant-bras, démangés par une réaction urticante : « le Stoneman Arduenna est la rencontre de la forêt et de l’eau : et comme tu peux le voir, on roule dans des milieux très sauvages… ». Il est vrai que la trace entre dans un décor magnifique, sauvage, à l’image cette Arduenna sylva, la grande forêt que Jules César avait décrite et crainte dans sa Guerre des Gaules.

Sentier de coureurs de bois

Près d’Honsfled, la plaine de Bullange se divise en vallons perdus. L’accès est secret : il faut faire preuve de coureur de bois pour rejoindre cette vallée, classée réserve naturelle. Pour y parvenir, l’itinéraire se tortille entre les sapins et les hêtres. Le chemin ne cesse de descendre et nous mène aux confins du pays, à la lisière de l’Allemagne. Plus nous nous enfonçons dans la vallée, plus les bruits s’atténuent et se feutrent dans les broussailles. Ce sentier sauvage est constellé de fleurs et les papillons virevoltent autour de nous. Ruisseaux, associations de prairies de fauche et de forêts mixtes apportent une biodiversité à la vallée perdue : le Stoneman nous offre ce sentier du bonheur.

 

Alors que je me crois presque arrivé au pied de la l’Our, en face, une côte se lance vers le ciel : abrupte et redoutable, elle m’arrache les poumons. Dany me précise qu’elle n’est qu’un hors d’oeuvre pour toutes les autres qui sillonnent la vallée de l’Our : l’obtention du trophée se jouera certainement ici, sur les contreforts de la vallée encaissée. Mais au sommet, quel plaisir d’admirer le paysage. La vue qui s’étend au-delà de la frontière n’est qu’une succession de collines et de vallées encaissées : l’Eifel, cet autre massif forestier, prend le relais de l’Ardenne.

Le parcours Stoneman en Ardenne - Pierre Pauquay

A l’approche de Schönberg, une soixantaine de kilomètres du Stoneman se boucle : 4 heures d’effort pour avoir un petit aperçu du tracé. Dany insiste : « je t’ai amené sur la partie la moins exigeante et le profil était plutôt descendant… ». Ah bon, pourtant mes jambes brûlent déjà… Il restera encore 116 km aux marathoniens pour boucler l’entièreté du Stoneman. La totalité du parcours me semble alors tout à coup un fameux défi à affronter face aux dénivelés et face à soi-même.

Vivre cette expérience

 

Le Stoneman
176 km, 3250 m de D+
www.stoneman-arduenna.com

 

Plus d'informations concernant le parcours, les forfaits et séjours :

Agence du Tourisme des Cantons de l'Est
Hauptstrasse 54, 4780 Sankt-Vith, Belgique
+32 (0)80 22 76 64
info@ostbelgien.eu
www.ostbelgien.eu