Avion DA40.

Balade aérienne entre Ardenne & Meuse

Profile picture for user Estelle Coppin

Estelle COPPIN

Ambassadeur depuis 2 années 6 mois

J’ai la chance de pouvoir vivre des expériences ardennaises presque au quotidien !

Ne m’appelez plus Estelle, je suis Maverick, prêt au décollage !

L'Ardenne et la Meuse vues du ciel

C’est un peu fou cette idée que de vouloir flirter avec les nuages, de vouloir embarquer à bord d’un avion et de juste… s’envoler. C’est pourtant le concept, le but même de l’objet (on a rarement vu des voitures ou des trains passer dans le ciel). Mais à bien y réfléchir, il y en a beaucoup que l’idée effraye. La vitesse nécessaire au décollage, la technicité qu’il faut pour faire tenir l’appareil en l’air, les turbulences éventuelles, la peur du vide, du décrochage jusqu’à la peur de s’écraser. Et pourtant, cela fait déjà un moment que je suis bloquée, hypnotisée près de la rambarde qui jouxte l’aéro-club Roger Sommer. .Je regarde les avions s’élancer depuis la piste de décollage, prendre de la vitesse, se cabrer et hop, comme ça, facilement, ils se détachent sur le bleu du ciel. Et je commence à rêver de la sensation que cela doit procurer, la poussée d’adrénaline, l’excitation, et puis le lâcher-prise et d’un coup, cette sensation de voler.

Sébastien me fait sortir de ma rêverie, il faut qu’on remonte sur nos vélos et qu’on rattrape la voie verte. Il a raison, il est temps de repartir, je lui dis « attends, encore un avion, et on y va ! ». J’aurais dû me douter qu’à la question « ça te plairait de faire un tour d’avion ? », en répondant « A FOND ! », j’offrais l’idée parfaite à monsieur pour mon futur cadeau de Noël.

Décollage de l'avion depuis Douzy.

La réservation

Il était caché dans un livre, j’ai bien failli le louper ! Mon bon pour une balade aérienne offerte, à réserver auprès de l’aéro-club Roger Sommer avait été glissé dans un livre de Ken Follet, autre cadeau qui m’attendait au pied du sapin. J’ai donc contacté le club qui m’a ensuite donné les coordonnées de Patrick, mon pilote, afin de caler directement avec lui le jour de la balade (les décollages ne sont pas possible en cas d’intempéries et il est parfois nécessaire de reporter l’expérience à une date où la météo est plus conciliante).

Patrick Van Beggelaer.

« Oui allô ici Patrick j’écoute ? », premier contact avec mon futur pilote qui prend le temps de m’expliquer tout ce qu’il faut savoir. Pour anticiper au mieux une demande de vol, le pilote doit vous poser quelques questions. Est-ce la première fois ? Avez-vous des problèmes de santé particulier ? Sujette aux vertiges ? Êtes-vous malade dans les attractions de fête foraine ? Sensible en voiture ?

J’adore les sensations fortes, aucun problème particulier de santé à déclarer, pour moi, je suis forcément apte à m’envoler ! Patrick s’excuse déjà de me poser la question suivante, mais il a besoin de savoir combien je pèse. Il précise que c’est une question de sécurité car il y a un poids maximal à ne pas dépasser dans certains avions de tourisme qui peuvent accueillir plusieurs passagers en sus du pilote (200kg pour 3 personnes). Je lui donne mon poids et il me rassure, on ne dépasse pas la charge totale autorisée. Je peux même venir accompagnée si je le souhaite, mon bon m’en donne la possibilité. Je décide d’y aller seule, prétextant n’avoir personne pour m’accompagner. La vérité ? Je peux bien l’avouer… J’avais trop peur d’être malade à l’atterrissage et qu’on me voit vomir, ou pleurer, ou vomir en pleurant. Bref, une vraie guerrière.

Je demande à Patrick quel type de vêtement je dois prévoir. C’est peut-être une question bête pour les habitués, mais novice que je suis, je me demande s’il ne va pas faire très froid dans le cockpit une fois dans le ciel, ou au contraire trop chaud… et je veux mettre toutes les chances de mon côté pour profiter au mieux de cette balade aérienne. Il me répond du tac au tac « euh, venez habillée c’est tout, ne venez pas nue ». J’entends dans le téléphone une personne qui l’interpelle, sa femme qui le questionne et qui doit se demander avec qui il est en train de bloquer un samedi matin pour « s’envoyer en l’air ». Explosion de rires, des deux côtés, je sais déjà que je partage le sens de l’humour de mon pilote et j’ai hâte d’être au jour J. La réponse à la question pour ceux que ça intéresse et qui aiment être préparé : vêtements dans lesquels vous vous sentez à l’aise, la température ne varie pas énormément entre le décollage et l’atterrissage, au mieux prenez une veste ou un gilet que vous pourrez encore retirer au moment de vous installer.

L'expérience

Jour J. Ambivalence de sentiments. Excitation et appréhension. Joie et crainte. Mais j’ai chaussée mes lunettes de soleil, je me suis garée sur le petit parking à côté du Musée des Débuts de l’Aviation à Douzy (celui-ci abrite la reproduction du biplan de Roger Sommer à qui l’aéroclub donne son nom), et j’aperçois déjà un avion de l’autre côté de la route. Est-ce celui-ci ? Un autre ? J’espère ne pas être malade, même si j’ai scrupuleusement respecté les conseils de Patrick. Pas de choucroute ni d’abus d’alcool la veille.

Mon pilote m’accueille avec un sourire réconfortant, l’adrénaline prend le dessus et nous nous mettons en marche vers l’avion qui sera utilisé pour notre balade aérienne. Parmi la flotte de l’aéro-club, 3 avions sont disponibles : un Robin DR400 de 160cv pouvant accueillir jusqu’à 4 personnes (le pilote et un passager à l’avant et une banquette pour deux à l’arrière). Outre le Robin, le club dispose de deux Diamond, un DA40 et un DA20. Première étape et pas des moindres, se hisser dans le cockpit. L’aile de l’avion dispose d’une bande de repérage noire qui indique où placer son pied pour grimper et basculer ensuite à l’intérieur de l’habitacle. Une fois installée, les jambes de part et d’autre du manche (que je dois laisser libre pour ne pas gêner le guidage de l’avion), je scrute le tableau de bord. Je n’y comprends rien, en même temps les indicateurs sont bien différents de ceux d’une voiture, et rappelons-le, nos voitures ne volent pas (encore). Patrick grimpe à bord, avec beaucoup plus de grâce que moi, l’habitude me direz-vous ! Il me tend un casque avec micro, je l’enfile et dans ma tête joue déjà la Sound Track de Top Gun, ne m’appelez plus Estelle, je suis Maverick, prêt au décollage.

Cockpit de l'avion.

Patrick me ramène à la réalité et m’indique les consignes. Il faut parler très très près du micro pour que l’on puisse s’entendre. Je le vois ensuite appuyer sur différents boutons, procéder à quelques vérifications. L’une d’elle consiste à faire tourner le moteur au ralenti durant 2 minutes pour faire circuler les fluides, impératif avant de pouvoir poursuivre. L’avion se met en branle, nous prenons la direction de la piste pendant que Patrick indique la manœuvre à la tour de contrôle depuis son casque. Impossible de vous retranscrire le code, à base de Charlie Tango Fox Bravo, mais j’entends bien « deux personnes à bord pour un vol local, je roule au point d’attente ». La piste est un peu plus loin, en retrait du club, et elle est perpendiculaire à la route départementale qui longe le lac de Douzy. D’un côté, elle indique avec de grands chiffres en peinture blanche le numéro 26. De l’autre, le numéro 08. C’est de ce côté que nous nous plaçons pour décoller en direction des Ardennes (face au lac), l’autre côté de la piste servant à décoller pour se mettre en direction de Reims. Nous sommes positionnés au bout de la piste, en attente de confirmation pour parer au décollage.

Estelle dans l'avion.

C’est le grand moment. Patrick me jette un regard et me demande si tout va bien. Je réponds oui. Je pense « j’espère ». De toute façon, plus de marche arrière possible, Patrick pousse le levier, l’hélice tourne si vite qu’on ne la voit plus, l’avion part un peu des deux côtés et la pression qu’exerce l’air finit de nous propulser en avant, jusqu’à nous soulever d’un coup et là, c’est l’euphorie.

On a quitté le sol, je sens que l’on prend de la hauteur, je regarde par la fenêtre et je vois la piste s’éloigner en-dessous. Je vole. Je vole ! Peut-être qu’on oublie cette sensation à force de répétition, mais elle est encore très nette dans mon esprit. Ce sentiment de rupture entre le sol et le ciel, la poussée qui vous entraîne de plus en plus haut, c’est magique. Je ressens enfin ce que j’étais en train d’imaginer quelques mois plus tôt, adossée à la rambarde près du club. Et c’est tellement mieux de vivre l’expérience en vrai que de l’imaginer !

Pour notre balade, on a décidé de sortir du parcours traditionnel des 4 châteaux. Cet itinéraire généralement proposé, permet durant un vol de 30 minutes, de survoler le château fort de Sedan, celui de Bouillon, le château des Amerois et les ruines du château d’Herbeumont. J’avais en tête un parcours mêlant les Ardennes et la Meuse, puisque je partage mon temps de travail entre Mouzon et Montmédy. Je connais les sites touristiques que nous allons parcourir, à la différence près que je les ai toujours vu depuis la terre ferme. Est-ce que je vais les reconnaître d’aussi haut ? Nous volons à une altitude de 2500 pieds, soit à 762 mètres de hauteur (environ 2,5 fois la taille de la tour Eiffel).  A ce stade, je suis complètement paumée. De gauche à droite, devant, je ne sais plus nous situer par rapport au sol où les panneaux sont bien utiles. Patrick, pilote expérimenté s’avère être un super guide touristique et les nuages sont son terrain de jeu.

On commence notre itinéraire en mettant le cap sur Carignan où je reconnais la collégiale, et rapidement nous survolons la Chiers, reconnaissable par ses méandres. Nous passons au-dessus de l’ouvrage de La Ferté. Cet ouvrage fortifié fait partie de la ligne Maginot dans les Ardennes et il demeure célèbre pour avoir été le seul fort où toute une garnison périt asphyxié durant les combats de mai 1940. Sur la photo, on distingue le bloc 1 (en haut à droite) et le bloc 2 (à gauche), reliés par une galerie souterraine à plus de 25 mètres de profondeur. On devine également le réseau de barbelés et rails antichar qui s’étend sur toute une partie du site.

Ouvrage de la Ferté vu du ciel.
La Citadlele de Montmédy vue de l'avion.

Nous quittons les Ardennes pour voir s’étendre sous nos pieds le Pays de Montmédy avec le viaduc de Thonne-les-Près, pont ferroviaire qui est très identifiable avec ses 16 arches qui enjambent la vallée de la Thonne et la partie basse du village. Il est suivi d’un tunnel de 756m sous la colline de Montmédy à 1km de la gare. L’avion vire un peu pour me permettre d’immortaliser la citadelle avec le viaduc en arrière-plan. Une émotion vive, quand je vois la citadelle se dessiner sous mes yeux. Je mesure la chance d’y avoir mon bureau et de pouvoir la contempler à chaque fois que je m’y rends. Site historique d’exception, elle est l’une des plus vastes forteresses du Grand-Est avec plus de 1,5km de murailles visitables. Rare citadelle encore habitée aujourd’hui, on retrouve en ville haute l’église Saint-Martin ouverte toute l’année, des casemates abritant artistes et artisans ou encore un restaurant, mais également le musée Jules Bastien-Lepage de la fortification ainsi que le bureau d’information touristique de Montmédy.

A peine le temps de poser une question sur notre vitesse de vol (environ 200km/h) que j’ai le souffle coupé. La magnifique basilique des champs s’offre au regard. Immense édifice au centre d’un petit bourg d’environ 200 vies, la basilique d’Avioth invite à la contemplation. On distingue sur la photo les échafaudages encore en place pour une phase des travaux de rénovation en cours. Déportée à quelques mètres de l’entrée, la célèbre Recevresse. Aujourd’hui encore, la basilique perpétue son pèlerinage multi-centenaire chaque 16 juillet. Tous les ans également, la commune accueille de nombreux artisans et exposants sur son traditionnel village de Noël début décembre. De quoi ajouter de la féérie à ce lieu chargé d’histoire et de spiritualité.

La basilique des champs d'Avioth.

Située à la pointe nord du département de la Meuse, Avioth n’est qu’à 12km de l’abbaye d’Orval de l’autre côté de la frontière. Orval, un nom qui sonne doux aux oreilles des épicuriens, amateurs de bonne bière et de fromage. Cette légendaire abbaye trappiste accueille 60 000 visiteurs par an, curieux d’y découvrir son jardin médicinal, son musée d’Orval, son circuit au milieu des ruines, la fontaine Mathilde et sa légende ainsi que la Maison des hôtes et les différentes expositions qui s’y déroulent. Patrick est un fin connaisseur des lieux, il me raconte différentes anecdotes liées à Orval quand d’un coup, nous sommes secoués. La forêt respire, les différences de sol que nous survolons jouent sur la portance de l’appareil et nous essuyons quelques turbulences. Patrick m’indique des rafales de vent de 28 nœuds, soit environ 50km/h. Rien de méchant, je n’ai même pas pleuré…

l'Abbatiale de Mouzon.

Quittant la Gaume (région culturelle à cheval sur la Belgique et la France à l’extrême sud de la province du Luxembourg), nous sommes de nouveau au-dessus des Ardennes. Approchant la belle Petite Cité de Caractère de Mouzon, je trouve tout de suite mon point de repère. J’identifie la superbe Abbatiale Notre-Dame de Mouzon. Au centre de l’image, elle laisse entrapercevoir le colombier derrière elle, ainsi que la toiture de l’ancienne grange monastique qui abrite le musée-atelier du Feutre, labellisé Musée de France et le bureau d’information touristique de Mouzon. Juste derrière, les jardins de l’abbaye.

A l’extrême bord de l’image, à droite, on peut voir l’hôtel de ville et son clocher qui penche. En contraste, on voit la Meuse qui encercle la ville et qui sous le pont, laisse apparaître un bout de la voie verte Trans-Ardennes reliant la ville sur 130km jusqu’à Givet. Les 30 minutes sont bientôt écoulées, il est temps de repartir sur Douzy pour l’aéro-club Roger Sommer.

 

Je repère le lac de Douzy et je sais que l’on ne va pas tarder à amorcer la descente sur la piste d’atterrissage. L’expérience touche à sa fin.

Notre DA40 est de nouveau fixé au sol, et il est temps pour Patrick d’aller enregistrer au club les informations de vol. Une carte au mur permet de retrouver toutes les zones aériennes où les vols sont autorisés, soumis à autorisation ou interdits. En 2024, le club a comptabilisé une vingtaine de vols découverte à l’instar de celui que je viens de vivre. Pour ce type de balade aérienne, il faut compter 130€ pour 30 minutes. (Au-delà de 30 minutes, il n’est plus question de « vol découverte » mais de « vol commercial », qui nécessite de recourir à une autre structure que l’aéro-club Roger Sommer ou à un pilote privé agréé).

Carte des flux aériens.
Patrick et Estelle.

Et mon pilote, qui est-il ? Patrick Van Beggelaer, belge de naissance d’un père flamand et d’une mère wallonne, il réside actuellement sur la commune d’Herbeumont en Belgique. Autrefois commercial pour les peluches Russ Berrie, Patrick est un amoureux de l’Ardenne et d’ailleurs, l’un des premiers ambassadeurs et adhérent de la Marque Ardenne. Excellent guide et pilote, il explique avec précision et passion son activité. A 72 ans, il cumule déjà 21 ans de pilotage et plus de 1000h de vol.

Vivre cette expérience

 

Pour vivre vous aussi une balade aérienne entre Ardenne & Meuse et découvrir des sites d’exception vu du ciel, en la meilleure des compagnies :

Aéro-club Roger Sommer :  Route de Mouzon – 08140 DOUZY / + 33 (0)6 88 19 97 24 / site internet
Envie d’un vol privé sans limitation de temps ou de distance ? Contactez Patrick Van Beggelaer : rue Champs Simon, 24 – 6887 HERBEUMONT / +32(0)478 22 90 66 / site internet

 

Toutes les informations touristiques « entre Ardenne & Meuse » à retrouver dans les bureaux touristiques de l’office de tourisme :
B.I.T Mouzon : Place du Colombier – 08200 MOUZON / 03 24 26 19 91
B.I.T Montmédy : 2 rue de l’hôtel de ville (citadelle) – 55600 MONTMEDY / 03 29 80 15 90