Le Hérou - Pauline de Unloved Countries

J’ai fait du packraft sur l'Ourthe

Un bateau qui tient dans un sac à dos

DÉCOUVERTE DE LA VALLÉE DE L’OURTHE EN PACKRAFT

                     

1/2 journée de marche et de navigation

 

La vallée de l’Ourthe, c’est du vert à perte de vue, des maisons en toits de schiste et des crêtes époustouflantes qui culminent à 500m d’altitude. Vous combinez le tout avec un packraft et vous finissez en randonnée avec le passionné Luc Van Ouytsel.

Les packrafts dégonflés au barrage de Nisramont - Pauline de Unloved Countries

Mais tout d’abord, c’est quoi un packraft?

Comme écrit plus haut, c’est effectivement un bateau qui tient dans un sac à dos. Vous vous demandez sans doute comment faire tenir un bateau dans un sac. Ce n’est pas évident à visualiser ! À vrai dire, il faut totalement oublier le côté rigide d’une embarcation. Celui de Luc fonctionne plutôt comme une bouée. Il se gonfle via un ingénieux système de sac que l’on remplit d’air et que l’on enroule pour faire entrer l’air emprisonné dans le canoë.

Oubliez donc la lourde pompe à transporter ou même votre souffle à travailler. Au final, le bateau ne pèse que 3kg et la pagaie démontable, 1kg. Le tout entre dans un sac de randonnée classique. C’est donc équipés de ce sac fourni par Luc que nous partons à la découverte de la vallée de l’Ourthe en randonnée ET en canoë.

La vallée de l’Ourthe...ou plutôt des deux Ourthes 

Suivis d’une petite troupe conviviale de 15 personnes, nous démarrons la journée depuis Nadrin près de Houffalize. Nous marchons à travers de jolis villages fleuris et la campagne ardennaise verdoyante en cette période de fin d’été.

À la sortie de Filly, havre de paix pour ceux qui aiment êtres au calme, nous empruntons un sentier de randonnée tout en descente. Nous nous rapprochons de notre point d’embarcation. Je ne sens pas du tout le poids du sac dans mon dos. Après un peu plus d’une heure et demie de marche, le chemin s’ouvre sur la vallée. La vue est grandiose. Devant nous en contrebas, les rivières orientale et occidentale se rejoignent et ne forment plus qu’un seul et même cours d’eau. L’eau est calme, le ciel bleu, la température agréable...La journée s’annonce parfaite.

Montage du bateau en 5 minutes

Le gonflage du packraft - Pauline de Unloved Countries

Luc nous explique la marche à suivre pour gonfler le bateau. Attentif, la troupe éparpille le contenu des sacs sur le sol. Nous assemblons les deux pagaies puis nous attaquons le gonflage. La tâche prend environ 5 minutes pour les plus rapides. Nous emprisonnons l’air dans le sac, nous enroulons, nous poussons l’air à l’intérieur du bateau, et nous recommençons. Petit à petit, le canoë prend forme. Très à l’écoute, Luc veille au grain et aide les moins doués. Bizarrement, il venait souvent nous voir!

Une fois notre équipement prêt, nous lançons nos embarcations un par un sur l’eau. Elle est plutôt fraîche donc nous prenons soin de ne pas glisser. Par précaution, je demande à Luc s’il est possible de tomber à l’eau avec le bateau, “Il faut vraiment le vouloir pour retourner le packraft” me répond-il avec gentillesse, mais quand même un petit sourire aux lèvres. Donc pas de panique. Les téléphones et appareils photos ne souffriront pas, si pas de folies.

Les rivières ne sont plus
des obstacles infranchissables

 

Sur l'Ourthe en packraft - Pauline de Unloved Countries

Le petit groupe navigue alors sereinement en direction du barrage de Nisramont. La magie du lieu opère au fur et à mesure que nous pagayons. Les collines environnantes sont verdoyantes, les cormorans volent au dessus de nos têtes et les milans se font entendre par leur cris au loin. Le calme règle en cette fin d’été. Nous croisons quelques canoës mais ce n’est pas la cohue devant nous. La rivière s’élargit au fur et à mesure de notre avancée jusqu’à former le lac de Nisramont. Cette retenue d’eau s’est formée sur l’Ourthe suite à la construction du barrage en 1958.

Nos estomacs commencent à se réveiller lorsque nous arrivons à l’embarcadère. Nous avons navigué environ un peu plus d’une heure. Le déjeuner, déjà installé sur les tables de camping, nous attend en haut du barrage.

Une fois rassasiés, nous prenons le chemin du retour. Nous ne pouvons aller plus loin en canoë car le niveau d’eau est trop bas en aval du barrage en raison de la sècheresse.

Montée vers Ollomont, chemin du retour - Pauline de Unloved Countries

Attention ça grimpe!

Le retour est en effet un peu plus sportif. Nous longeons les berges pendant un petit km avant d’entamer l’ascension de la colline. Le groupe souffle un peu, se motive, les blagues fusent envers les plus lents. L’ascension pentue mais courte se termine au bout de quelques minutes. Nous débouchons sur une grande plaine. Quelques vaches à l’oeil impassible et mâchonnant nous regardent passer sur leur territoire. Le chemin serpente entre les pâturages avant d’arriver au village d’Ollomont. Ici, la chasse fait partie intégrante des traditions, ce que nous remarquons rapidement en passant devant un immense logis décoré d’une vingtaine de bois de cerfs ! Sans parler des autres maisons presque toutes en toits de schiste et le petit cimetière du village qui pourraient faire une belle carte postale.

Nous laissons ce charmant village derrière nous, puis empruntons le dernier chemin à travers bois. L’orée du bois débouche sur notre point de départ, là où nous avions laissé nos voitures.

Belvédère du Hérou - Pauline de Unloved Countries

Le belvédère du Hérou, l’une des vues légendaires du massif ardennais

Avant de partir, Luc nous conseille d’aller faire un tour au belvédère situé en contrebas de Nadrin. En temps normal, c’est le sentier qu’il emprunte avec son groupe pour terminer la randonnée/navigation en beauté. Nous nous empressons de suivre ses conseils.

Nous qui croyions la randonnée finie...en fait, pas tout à fait! Il nous faut encore marcher un peu pour atteindre le fameux point de vue. Le chemin nous entraîne à nouveau dans une descente. Nous sentons rapidement le sol se transformer en roche sous nos pieds. Un autre sentier s’ouvre à nous sur la gauche qui cette fois-ci grimpe de manière abrupte. Mon petit doigt me dit que c’est par là. Un étrange rocher en dents de scie se dessine devant moi. Je grimpe des sortes de paliers naturels jusqu’à arriver au sommet et là, vertige ! La vue est tout simplement époustouflante.

L’éperon rocheux forme une barrière de 1500 m de long, 80m au-dessus de la rivière. Une sensation de vertige m’attire vers le vide. Autant dire que je n’en mène pas large face à ce temple de la nature. La vue nous captive pendant un bon moment avant de reprendre notre chemin du retour. Je n’aurais jamais cru avoir le vertige dans les Ardennes ! 

Vivre cette expérience

 

Packraft
Luc van Ouytsel
Chemain des Epicéas, 322, 5377 Hogne (Belgique)
Tél.: +32 473 85 31 24
www.packandraft.be

Mes bons plans

 

Petit conseil pour participer à l’expérience, ne confondez pas Nadrin, le point de départ avec Nandrin, autre ville située près de Liège à 45 min de route du point de rendez-vous! Le GPS a tendance à se tromper donc ne le croyez pas sur parole...

Si vous êtes en camping-car, il existe une aire de motor-homes à Houffalize où vous pouvez garer votre véhicule pour 12 euros les 24h. Accès à l’électricité+eau et vidange possible. Sinon, il existe de nombreux campings sur la route entre Houffalize et Nadrin dont le camping du Moulin de Renziwez, ou un peu plus au sud, le camping du Bout du Monde. Pour les buveurs, si vous avez envie de goûter à une bière bien locale, la brasserie Achouffe est à 12 minutes de Nadrin!